Chafia Rochdi

Chafia Rochdi , de son vrai nom Zakia Bent Haj Boubaker Marrakchi, née le 7 novembre 1910 à Sfax et morte le 21 juillet 1989, est une actrice et chanteuse tunisienne.

Orpheline dès son enfance, elle suit ses études primaires dans sa ville natale. Cependant, elle est éprise de théâtre dès l’âge de 14 ans et apprend à jouer du piano sous la conduite du professeur Hédi Chennoufi. Elle fait ses débuts au théâtre dans les années 1920 sous la férule de Mohamed Chabchoub. Ambitieuse, elle aspire à la reconnaissance du public de Tunis. Elle monte donc à la capitale vers 1929, s’installe à Bab Souika et fait entre-temps la connaissance du grand homme de théâtre Habib Manâa. Elle adhère à la troupe Fadhila Khetmi — du nom de la célèbre artiste tunisienne qui fut la première à fonder sa propre troupe — et prend part à ses premières représentations.

Affublée par ses admirateurs du surnom de Nana, sa notoriété la fait remarquer par Mustapha Sfar à la recherche de nouvelles égéries. Véritable coqueluche de la capitale, Rochdi — son foulard en mousseline à la main — accompagne ses chansons d’un balancement du buste, interprétant des chansons en arabe ou en franco-arabe qu’elle agrémente de danses orientales.

Reine des cafés-concerts et des nuits blanches du ramadan, danseuse et tragédienne, elle est l’une des rares artistes tunisiennes à fonder sa propre compagnie théâtrale et l’unique femme à participer à la création de La Rachidia aux côtés de Mustapha Sfar. De 1934 à 1941, elle connaît la période faste de sa carrière artistique. Elle participe à divers orchestres en compagnie de grands musiciens de l’époque et crée même son propre orchestre qu’elle nomme « Orchestre Nana ». Courtisée, Rochdi se produit devant les membres de la famille beylicale. Cependant, vers la fin de sa vie, elle abandonne le chant pour se consacrer uniquement au théâtre.

Esprit anticonformiste pour son époque, elle se marie dix fois et scandalise Tunis en conduisant en 1940, recouverte d’un sefseri, une voiture décapotable à travers les rues de la capitale. Amie des artistes et des hommes de lettres, elle tient chez elle un salon littéraire où se rencontrent les esprits les plus brillants du moment. À la fin de sa vie, elle qui avait connu les privations au début de sa vie, finit par léguer ses biens et sa fortune à des œuvres caritatives.

شافية رشدي (اسمها الأصلي زكية المراكشي) مغنية وممثلة تونسية. ولدت بمدينة صفاقس في 7 نوفمبر 1910 من أب مغربي وأم ليبية ذات جذور تركية، وتوفيت في 21 جويلية 1989

درست الموسيقى على يد الهادي الشنوفي عازف البيانو والآلات النحاسية، وتعلمت التمثيل من محمد شبشوب والبشير المتهني

انتقلت إلى تونس العاصمة سنة 1930 حيث اقتحمت مجالي الغناء والتمثيل وعرفت بلقب نانا

قدمت العديد من المسرحيات في المسرح البلدي من أشهرها عائشة القادرة، كما ألفت فرقة موسيقية صحبة محمد التريكي الذي لحن لها إحدى أشهر أغانيها هالكمون منين

شافية رشدي من الذين حضروا الجلسة التأسيسية المدرسة الرشيدية التي قدمت عن طريقها حفلات إلى الإذاعة قبل أن تصبح لها حصة أسبوعية خاصة بها

Chafia Rochdi, whose real name is Zakia Bent Haj Boubaker Marrakchi, born November 7, 1910 in Sfax and died July 21, 1989, is a Tunisian actress and singer. Orphan from childhood, she attended primary school in her hometown. However, she fell in love with the theater at the age of 14 and learned to play the piano under the guidance of Professor Hédi Chennoufi. She made her theater debut in the 1920s under the guidance of Mohamed Chabchoub. Ambitious, she aspires to the recognition of the public of Tunis.

She therefore went to the capital around 1929, settled in Bab Souika and in the meantime made the acquaintance of the great man of the theater Habib Manâa. She joined the Fadhila Khetmi troupe – named after the famous Tunisian artist who was the first to found her own troupe – and took part in her first performances. Decked out by her admirers with the nickname of Nana, her notoriety made her notice by Mustapha Sfar in search of new muses. A true darling of the capital, Rochdi – her muslin scarf in hand – accompanies her songs with a sway of the bust, interpreting songs in Arabic or Franco-Arabic which she embellishes with oriental dances.

Queen of cafes-concerts and sleepless nights of Ramadan, dancer and tragedy, she is one of the rare Tunisian artists to found her own theater company and the only woman to participate in the creation of La Rachidia alongside Mustapha Sfar. From 1934 to 1941, she experienced the heyday of her artistic career. She participates in various orchestras in the company of great musicians of the time and even creates her own orchestra which she calls « Orchester Nana ». Courted, Rochdi performs in front of the members of the Beylical family. However, towards the end of her life, she gave up singing to devote herself solely to the theater.

Non-conformist spirit for her time, she married ten times and scandalized Tunis by driving in 1940, covered with a sefseri, a convertible car through the streets of the capital. A friend of artists and men of letters, she runs a literary salon at home where the most brilliant minds of the moment meet.

At the end of her life, she who had known deprivation at the beginning of her life, ended up bequeathing her property and her fortune to charity.

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