Wassila Ben Ammar

Wassila Bourguiba , née Wassila Ben Ammar le 22 avril 1912 à Béja et morte le 22 juin 1999 à La Marsa, est la deuxième épouse du président tunisien Habib Bourguiba et la Première dame de ce pays de 1962 à 1986. Elle est alors connue sous le titre de Majda soit « Vénérable ».
Son père, l’avocat Mhamed Ben Ammar, appartient à une branche relativement désargentée d’une famille de la bourgeoisie tunisoise . Sa mère, Fatma Dellagi, appartient également à la bourgeoisie de Tunis.
Elle est membre de l’Union musulmane des femmes de Tunisie (UMFT), fondée par Bchira Ben Mrad.
Wassila rencontre Bourguiba pour la première fois le 12 avril 1943 alors qu’elle est venue le féliciter de sa libération après cinq ans de détention ; « ce fut le coup de foudre », comme l’écrit Habib Bourguiba dans son autobiographie Ma vie, mon œuvre.
Par le biais de sa relation naissante avec Bourguiba, elle a notamment influé sur l’abolition du régime beylical et favorisé la proclamation d’une république elle plaide fortement en faveur d’Ahmed Ben Salah, qui est nommé le 29 juillet 1957 comme secrétaire d’État à la Santé publique et aux Affaires sociales, poste équivalent à celui de ministre.
Habib Bourguiba épouse finalement Wassila le 12 avril 1962, un an après avoir divorcé de Moufida Bourguiba . Le fils de Bourguiba, Habib Bourguiba Jr., issu de l’union entre Habib et Moufida, aurait témoigné d’une certaine animosité vis-à-vis de sa belle-mère. Puisqu’elle est issue d’une famille de la bourgeoisie tunisoise traditionnelle, qui compte des hommes aussi influents que riches, certains ministres tunisois voient dans ce mariage la possibilité de détacher Bourguiba des ministres originaires du Sahel tunisien dont Ben Salah. En effet, son soutien pour ce dernier ne dure pas lorsque celui-ci commence à prendre du pouvoir.
Wassila devient peu à peu très influente dans les affaires du palais présidentiel de Carthage — elle se faisait appeler la « présidente » même si Bourguiba la tient en apparence à l’écart des affaires politiques. Pour l’ancien ministre Tahar Belkhodja, elle est celle « chez qui faisaient antichambre les premiers ministres et tous les collaborateurs du président ».
Elle se montre momentanément solidaire du Premier ministre Hédi Nouira dans son opposition au projet d’union entre la Tunisie et la Libye en 1974, même si globalement les deux se vouent une hostilité réciproque selon Sadri Khiari.
En 1980, au moment de l’attaque contre la ville de Gafsa par un commando nationaliste arabe, elle agit pour faire nommer Driss Guiga ministre de l’Intérieur et Mohamed Mzali Premier ministre, alors que Mohamed Sayah était plutôt pressenti. Elle fait aussi nommer quelques-uns de ses amis au sein du gouvernement
En vue des élections législatives du 1er novembre 1981, premières élections organisées avec la participation de plusieurs partis depuis l’indépendance, elle appuie l’opération de falsification des résultats pour nuire à la victoire de l’opposition, représentée en particulier par le Mouvement des démocrates socialistes d’Ahmed Mestiri. Elle est aussi le principal artisan de l’installation à Tunis du quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine, et de son chef Yasser Arafat, après leur évacuation de Beyrouth en 1982. Bourguiba, vieillissant et malade, lui remet de plus en plus de responsabilités dans les affaires de l’État. Elle a alors en tête de faire réviser la constitution de 1959 qui prévoit que le Premier ministre est le successeur légal du président. Elle contredit à cette occasion son propre mari lors d’une interview pour Jeune Afrique paru le 28 février 1982. Mais, en 1983, Mzali limoge Tahar Belkhodja, alors ministre de l’Information et ami de Wassila. Quelques mois plus tard éclatent les « émeutes du pain », qui se déroulent du 27 décembre 1983 au 6 janvier 1984 ; le ministre Guiga, qu’elle avait contribué à faire nommer, est démis de ses fonctions.
Habib Bourguiba annonce brusquement le divorce par un simple communiqué, le 11 août 1986, alors que son épouse se soigne depuis plusieurs mois aux États-Unis.
Wassila s’installe par la suite à Paris. Après deux ans et demi d’absence, elle regagne définitivement la Tunisie en juillet 1988. Elle meurt le 22 juin 1999 et, contrairement à la première épouse du président, elle n’est pas inhumée dans le mausolée Bourguiba à Monastir.

وسيلة بورقيبة هي وسيلة بنت محمد بن عمار، ولدت في مدينة باجة في 22 أفريل /نيسان 1912 وتوفيت يوم 22 جوان/حزيران 1999. الزوجة الثانية للرئيس الحبيب بورقيبة وهي سيدة تونس الأولى، وقد لعبت دورا سياسيا نشيطا خلال عهده
تنتمي وسيلة بن عمار إلى عائلة أصيلة مدينة الكاف ، وكان والدها وكيلا بالمحاكم الشرعية. درست وسيلة حتى حصلت على الشهادة الابتدائية ثم التحقت بالتعليم الثانوي لكنها سرعان ما انقطعت عنه. ثم تزوجت من علي الشاذلي وهو أحد أثرياء مدينة الكاف
عرفها بورقيبة لأول مرة بعد عودته من المنفى في 12 أفريل/نيسان 1943، وتزوجها في 12 أفريل/نيسان 1962 بعد أن طلق كل واحد منهما قرينه السابق، حيث أن القانون التونسي يمنع تعدد الزوجات. وقد عاشت معه أكثر من أربعة وعشرين عاما كانت تلقب خلالها بـالماجدة. غير أن علاقتها انتهت بالطلاق في 11 أوت/آب 1986، وسحب منها لقب الماجدة. عاشت بعد ذلك بالعاصمة الفرنسية باريس ولم تعد نهائيا إلى تونس إلا في شهر جويلية/تموز 1988
قامت وسيلة بن عمار بدور كبير في الحياة السياسية التونسية، وقد كانت وراء توزير عدد هام من الوزراء وفي إزاحة آخرين. من ذلك أنها ساهمت في الإطاحة بالوزير أحمد بن صالح سنة 1969. وحالت دون تسمية محمد الصياح وزيرا أول سنة 1980، وكانت وراء تسمية محمد مزالي لهذا المنصب ولكنها ما لبثت أن انقلبت عليه هو الآخر بعد ذلك

كما كان لها دور في السياسة الخارجية التونسية من ذلك أنها وقفت ضد الوحدة مع ليبيا التي أعلنت يوم 12 جانفي/كانون الثاني 1974. وأنها دعمت القضية الفلسطينية، وكانت وراء استضافة الفلسطينيين في تونس بعد إخراجهم من بيروت سنة 1982


Wassila Bourguiba, born Wassila Ben Ammar on April 22, 1912 in Béja and died on June 22, 1999 in La Marsa, was the second wife of Tunisian President Habib Bourguiba and the First Lady of this country from 1962 to 1986. She was then known as title of Majda is « Venerable ». His father, lawyer Mhamed Ben Ammar, belongs to a relatively penniless branch of a Tunisian bourgeois family. His mother, Fatma Dellagi, also belongs to the bourgeoisie of Tunis. She is a member of the Muslim Union of Women of Tunisia (UMFT), founded by Bchira Ben Mrad. Wassila met Bourguiba for the first time on April 12, 1943 when she came to congratulate him on his release after five years of detention; « It was love at first sight », as Habib Bourguiba writes in his autobiography My life, my work. Through her nascent relationship with Bourguiba, she notably influenced the abolition of the Beylical regime and promoted the proclamation of a republic.She advocates strongly in favor of Ahmed Ben Salah, who was appointed on July 29, 1957 as secretary of State in Public Health and Social Affairs, post equivalent to that of Minister. Habib Bourguiba finally married Wassila on April 12, 1962, a year after divorcing Moufida Bourguiba. Bourguiba’s son, Habib Bourguiba Jr., from the union between Habib and Moufida, would have shown a certain animosity towards his mother-in-law. Since she comes from a family of the traditional Tunisian bourgeoisie, which includes men as influential as they are rich, some Tunisian ministers see in this marriage the possibility of detaching Bourguiba from ministers from the Tunisian Sahel including Ben Salah. Indeed, his support for the latter does not last when he begins to take power. Wassila gradually became very influential in the affairs of the presidential palace of Carthage – she called herself the « president » even though Bourguiba apparently kept her out of political affairs. For the former minister Tahar Belkhodja, she is the one « with whom the prime ministers and all of the president’s collaborators were an antechamber ». She momentarily shows solidarity with Prime Minister Hédi Nouira in her opposition to the union project between Tunisia and Libya in 1974, even if overall the two are mutually hostile according to Sadri Khiari.

In 1980, at the time of the attack on the town of Gafsa by an Arab nationalist commando, she acted to appoint Driss Guiga Minister of the Interior and Mohamed Mzali Prime Minister, while Mohamed Sayah was rather expected. She also gets some of her friends appointed to the government In view of the legislative elections of November 1, 1981, the first elections organized with the participation of several parties since independence, it supports the operation of falsifying the results to undermine the victory of the opposition, represented in particular by the Movement of Socialist Democrats of Ahmed Mestiri. She is also the main architect of the installation in Tunis of the headquarters of the Palestine Liberation Organization, and of its leader Yasser Arafat, after their evacuation from Beirut in 1982. Bourguiba, aging and sick, gives him more. in addition to responsibilities in the affairs of state. She then had in mind to revise the 1959 constitution, which provided that the Prime Minister was the legal successor of the president. She contradicted on this occasion her own husband during an interview for Jeune Afrique published on February 28, 1982. But, in 1983, Mzali dismissed Tahar Belkhodja, then Minister of Information and friend of Wassila. A few months later the “bread riots” broke out, which took place from December 27, 1983 to January 6, 1984; Minister Guiga, whom she had helped to appoint, is dismissed from her post. Habib Bourguiba suddenly announces the divorce in a simple press release on August 11, 1986, when his wife has been taking care of herself for several months in the United States. Wassila then moved to Paris. After two and a half years of absence, she returned to Tunisia for good in July 1988. She died on June 22, 1999 and, unlike the president’s first wife, she was not buried in the Bourguiba mausoleum in Monastir.

0
0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *