Bchira Ben Mrad

Bchira Ben Mrad , née en 1913 et décédée le 4 mai 1993, est une militante féministe et indépendantiste tunisienne. Elle fonde en 1936 l’Union musulmane des femmes de Tunisie (UMFT), qu’elle préside jusqu’à sa dissolution par Bourguiba en 1956.
Bchira Ben Mrad est la fille d’un Cheikh El Islam, Mohamed Salah Ben Mrad, et la petite-fille d’un mufti de Tunis, Hmida Ben Mrad.
Son père lui donne, ainsi qu’à ses sœurs, une éducation traditionnelle . Elle épouse Ahmed Zahar.
C’est après avoir entendu une discussion entre dirigeants nationalistes sur la situation désastreuse du pays, à laquelle assistent notamment Mahmoud El Materi, que s’enracine chez Bchira Ben Mrad un sentiment patriotique et qu’elle a l’idée de créer un cadre qui permette aux femmes d’être actives au sein du mouvement national.
En 1936, Ali Belhouane et d’autres militants organise sans succès une kermesse pour collecter de l’argent en faveur des étudiants maghrebins installés en France. C’est alors que Ben Mrad décide d’en organiser une avec les femmes ; elle obtient l’accord des dirigeants nationalistes, comme Belhouane et Mongi Slim tout d’abord sceptiques, et créé un comité d’organisation composé de Naïma Ben Salah, Tawhida Ben Cheikh (première femme médecin en Tunisie), les filles Hajjaji (dont le père est ministre), Hassiba Ghileb (petite-fille du Cheikh El Médina Sadok Ghileb) et Nébiha Ben Miled : elles réussissent à regrouper 9 000 personnes au Dar El Fourati, demeure d’une famille bourgeoise de commerçants, et à collecter une importante somme d’argent remise aux responsables nationalistes. Une semaine plus tard, en mai 1936, elle fonde l’UMFT, constituant ainsi la première organisation féminine tunisienne. Avec le soutien de son père et de ses sœurs, elle édite de nombreux articles dans la revue de son père, Chams al-Islam (Le soleil de l’islam).
L’UMFT collabore avec le Néo-Destour. L’association, qui n’obtient son visa qu’en 1951, établit ses statuts qui ont pour but de tisser des connaissances entre les femmes, de les orienter vers l’instruction dans les limites de la morale et de la religion et de promouvoir les institutions destinées aux jeunes et aux enfants. Les membres permanents du bureau sont Hamida Zahar (secrétaire générale et sœur de Bchira), Tawhida Ben Cheikh (première femme médecin en Tunisie), Badra Ben Mustapha (une des six premières sages-femmes diplômées en 1932), Nébiha et Essia Ben Miled (sœurs de Bchira), Hassiba Ghileb, Souad Ben Mahmoud, Naïma Ben Salah, Jalila Mzali et Mongiya Ben Ezzeddine. D’autres femmes se joignent à l’UMFT comme militantes, à l’instar de Moufida Bourguiba, Wassila Ben Ammar, Radhia Haddad et Fethia Mzali.
En 1956, Habib Bourguiba, qui tient Bchira Ben Mrad en grande estime, lui écrivant, lui rendant visite à plusieurs occasions, et l’appelant Um Tunes (mère de la Tunisie), l’ignore complètement lors de l’indépendance. Il dissout son mouvement et lance l’Union nationale de la femme tunisienne, ne citant pas une seule fois son nom. Bchira Ben Mrad en est fortement humiliée, et se montre amère du manque de reconnaissance de tous ceux qu’elle a aidé financièrement.
Elle est faite commandeur de l’ordre de l’Indépendance en 1989, aux côtés d’autres femmes dont Badra Ben Mustapha, mais meurt dans l’oubli.
Plusieurs rues portent son nom afin d’honorer sa mémoire. La célébration de son centenaire intervient le 1er décembre 2013 au Théâtre municipal de Tunis et un ouvrage lui est alors consacré.

ولدت بشيرة بن مراد في 11 أوت 1913 بتربة الباي من ولاية تونس. هي من رائدات الحركة النسائية في تونس. زاولت تعليمها بجامع الزيتونة. بعد أن تعلّمت قواعد اللّغة العربية انطلقت في تجربة الكتابة والتّأليف حيث كانت تُمضي مقالاتها الأولى باسم مستعار

كتبت في مجلة  » المسرح  » ومجلة  » شمس الإسلام  » وكانت ضمن المجموعة المؤسسة لمجلة  » تونس الفتاة « 

سنة 1936، أسست بشيرة بن مراد جمعيّة  » الاتحاد النسائي الإسلامي التونسي » وهي أول منظمة تهتم بحقوق النساء في تونس

دافعت على حق الفتيات في التمتع بالتعليم كما سعت إلى تعزيز مشاركة النساء في المقاومة والنضال وكذلك في الحياة المهنية

عاشت بشيرة بن مراد فترة 31 سنة من عمرها في ظل إقامة شبه جبرية إلى حين وفاتها

توفيت في 4 ماي 1993

Bchira Ben Mrad, born in 1913 and died on May 4, 1993, is a Tunisian feminist and independence activist. In 1936, she founded the Muslim Union of Women of Tunisia (UMFT), which she chaired until its dissolution by Bourguiba in 1956. Bchira Ben Mrad is the daughter of a Sheikh El Islam, Mohamed Salah Ben Mrad, and the granddaughter of a mufti from Tunis, Hmida Ben Mrad. Her father gave her and her sisters a traditional education. She marries Ahmed Zahar. It was after hearing a discussion between nationalist leaders on the disastrous situation of the country, attended in particular by Mahmoud El Materi, that a patriotic feeling took root in Bchira Ben Mrad and that she had the idea of ​​creating a framework that allows women to be active in the national movement. In 1936, Ali Belhouane and other activists unsuccessfully organized a fair to collect money for Maghreb students living in France. It was then that Ben Mrad decided to organize one with the women; she obtained the agreement of nationalist leaders, such as Belhouane and Mongi Slim who were initially skeptical, and created an organizing committee made up of Naïma Ben Salah, Tawhida Ben Cheikh (first female doctor in Tunisia), the Hajjaji girls (including the father is minister), Hassiba Ghileb (granddaughter of Sheikh El Medina Sadok Ghileb) and Nébiha Ben Miled: they succeed in bringing together 9,000 people in Dar El Fourati, home of a bourgeois family of traders, and to collect a large sum money given to nationalist officials. A week later, in May 1936, she founded the UMFT, thus constituting the first Tunisian women’s organization. With the support of her father and sisters, she publishes numerous articles in her father’s magazine, Chams al-Islam (The Sun of Islam). UMFT collaborates with Neo-Destour.

The association, which only obtained its visa in 1951, established its statutes which aim to build knowledge among women, to guide them towards education within the limits of morality and religion and to promote institutions for young people and children. The permanent members of the office are Hamida Zahar (secretary general and sister of Bchira), Tawhida Ben Cheikh (first female doctor in Tunisia), Badra Ben Mustapha (one of the first six midwives to graduate in 1932), Nébiha and Essia Ben Miled ( sisters of Bchira), Hassiba Ghileb, Souad Ben Mahmoud, Naïma Ben Salah, Jalila Mzali and Mongiya Ben Ezzeddine. Other women join UMFT as activists, like Moufida Bourguiba, Wassila Ben Ammar, Radhia Haddad and Fethia Mzali. In 1956, Habib Bourguiba, who held Bchira Ben Mrad in great esteem, writing to him, visiting him on several occasions, and calling him Um Tunes (mother of Tunisia), completely ignored him during independence. He dissolved his movement and launched the National Union of Tunisian Women, never citing his name once. Bchira Ben Mrad is deeply humiliated by this, and is bitter at the lack of recognition of all those she has helped financially. She was made Commander of the Order of Independence in 1989, alongside other women including Badra Ben Mustapha, but died in oblivion. Several streets bear his name to honor his memory. The celebration of its centenary takes place on December 1, 2013 at the Municipal Theater of Tunis and a book is then dedicated to it.

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